Cette série s’inspire du contrepoint rigoureux en musique, une technique consistant à rechercher une forme d’harmonie par la superposition de deux lignes mélodiques distinctes. Transposée dans le champ visuel, cette approche engage un dialogue entre une structure paysagère et une seconde écriture, fluide et autonome.
Un paysage sert de point d’ancrage, sur lequel intervient la technique du Suminagashi. Déposées à la surface, les encres en expansion forment des marbrures aléatoires, guidées par les mouvements de l’eau et les interactions de la matière. Les lignes qui en résultent se déploient librement, se rencontrent, s’épousent ou se heurtent, produisant des configurations imprévisibles.
Cette superposition introduit une tension entre la stabilité du motif paysager et la mobilité du geste liquide. Le paysage, d’abord lisible, se trouve progressivement altéré, traversé par ces flux qui en déplacent les contours et en troublent la perception.
L’image oscille ainsi entre figuration et abstraction, sans jamais se fixer pleinement dans l’un ou l’autre registre. Le paysage devient un seuil : un espace de passage où la représentation se fragilise et où émergent des rythmes, des strates et des circulations relevant davantage d’une expérience sensible que d’une description.