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Manuel Perrin

Auto-portrait – Réflexion sur la condition de l’artiste

Manu est un  artiste neuchâtelois né en 1986. Diplômé de l’Académie de Meuron (Lycée Artistique de Neuchâtel) en 2004 et de la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève (HEAD) en 2011, il a également étudié la bande dessinée à l’institut St-Luc de Bruxelles durant une année.

Son travail relève de la narration. Manu utilise des personnages récurrents qu’il met en scène, prenant des rôles différents suivant ses besoins.  Femmes aux masques animaliers, cariatides, loups, fantômes, squelettes et différents monstres invitent le spectateur dans un autre monde, créé en réaction à la réalité. Il utilise ces personnages afin d’évoquer ses instincts primitifs tels que le désir sexuel, la peur de la mort, la violence ou encore le besoin de croire en une divinité. En articulant de façon directe et faussement naïve, on y retrouve un regard d’enfant. Il joue avec ces questions ne proposant aucune réponse tout en ouvrant différents scénarios de réflexion. L’idée d’une conscience universelle l’intéresse énormément, il crée des symboles simples et intrigants à partir de formes préexistantes qu’il réinterprète. Ces figures se retrouvent autant dans ses tableaux et sculptures que sur sa peau, ils sont des sortes de signature. Il aime se nourrir d’esthétique et de formes provenant de cultures éloignées tels que les arts précolombiens.

La musique en général est une grande source d’inspiration pour lui. Ses compositions sont comparables au rap, dans leurs façons de se livrer en un flot continue, sans censure et d’une façon presque improvisée. Manu se situe dans la lignée de la figuration libre et de la Bad painting. Il apprécie et fait largement référence aux cultures sous-estimées tels que la bande dessinée ou le graffiti.

Les personnes qui l’inspirent

(peinture) Cy Twombly, Jena-Michel Basquiat, James Ensor
(bandes dessinées) Joann Sfar, Robert Crumb, Dominique Goblet
(théorie de l’esthétisme) Georges Didi-Huberman

Pour moi, le dessin est un langage à part entière. C’est dans mes carnets de croquis, que le processus créatif commence. Ces espaces de pensée se remplissent de divers dessins et notes. Les dessins imaginaires y côtoient des reproductions de différentes images, que je collectionne et que j’assemble pour ensuite former mes propres compositions. Photos érotiques, squelettes malformés ou encore statuts africaines me servent de matière première pour créer ma propre mythologie. A travers mes créatures écorchées, on devine l’être humain dont la sensibilité est mise à mal. Le papier se déchire, on aperçoit les entrailles. Mes créations s’ouvrent à vous, de façon parfois brutale et vous questionne sur notre condition.